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Pour une fois, je mets un article en ligne dans cette rubrique que je n'ai pas écris. Il a été écrit par un journaliste de Sud Ouest et publié le 18 novembre 2007. J'ai décidé de le mettre en ligne car je l'ai trouvé très intéressant. Dites-moi ce que vous en pensez. Je vous souhaite une bonne lecture.
La semaine qui s'achève pourrait bien se révéler déterminante dans l'histoire sociale de notre pays. A la fois par l'ampleur de la grève qui a paralysé les chemins de fer mercredi, mais surtout par les fractures qu'elle a provoquées dans le mouvement syndical et au sein même de la CGT, face à l'exaspération des usagers et aux offres succéssives du gouvernement. Lequel a pu s'appuyer sur l'intransigeance « souple » du chef de l'Etat pour moduler ses propositions. Sans doute avait-il pressenti les hésitations des organisations syndicales à s'engager dans un conflit long et dur, ainsi que les divisions de la CGT sur la stratégie à adopter.
En posant comme préalable à des négociaitons entreprise par entrepirse, dont le principe était acquis, la suspension de la grève, le ministre des Affaires sociales, Xavier Bertrand,,saviait qu'il contraignait la CGT à un choix cornélien. Bien qu'issu de la puissante fédération des cheminots, Bernard Thibault n'est plus réellement en phase avec ses anciens camarades. Sa promotion n'a pas été l'amorce d'un durcissement de la confédération mais celle d'un virage vers un syndicalisme de négociation et de proposition à connotation réformiste, même si l'adjectif est encore tabou. La fédération des cheminots est restée, quant à elle, dans l'ancienne logique d'affrontement. Tout recul de sa part ferait le jeu de SUD-Rail qui la talonne sur le front de la résistance. Mais la prédominance de la CGT à la SNCF est un avantage que la confédération ne veut pas perdre et un handicap pour le développement de sa présence dans le secteur privé. Autrement dit, la centrale de Bernard Thibault ne peut pas se permettre de tout sacrifier à la défence de son bastion, la SNCF. La fusion GDF-Suez, la libéralisation du marché de l'énergie et l'ouverture à la concurrence des services publics en général – autant de mutations combattues avec l'acharnement du désespoir par elle – obligent la CGT à élargir son champ d'influence et à reluquer davantage les salariés du privé. Elle est à sa manière victime de la privatisation rampante de la société française. Son avenir ne passe plus par une victoire par KO des cheminots et des électriciens. Il se joue ailleurs. En tout cas, ce n'est pas en bloquant les trains pendant quinze jours que les syndicats, quels qu'ils soient, réconcilieront les salariés avec le syndicalisme.
Ce n'est pas non plus en s'arc-boutant sur les régimes spéciaux accordés à une minorité de salariés que la CGT ou d'autres séduiront les employés de la grande distribution ou les travailleurs précaires des entreprises de services en pleine expansion. Pour avoir été les gardiens trop vigilants du secteur public, les syndicats risquent aujourd'hui de rétrécir avec lui. Leur intérêt bien compris est de voir le gouvernement liquider les régimes particuliers de retraite. Pour autant qu'il leur permette de négocier quelques bricoles afin de sauver la face.
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