Aujourd’hui, les Etats-Unis ont atteint un triste record. En effet, vendredi 2 décembre 2005, à 2 heures du matin, en Caroline du Nord, Kenneth Lee Boyd a été le 1000ème exécuté. Ce vétéran du Vietnam a été condamné à la peine capitale pour le double meurtre de sa femme et de son beau-père.
Depuis que la peine de mort a été rétabli par la cour suprême en 1976, après un moratoire de 10 ans, il y a eu 1000 détenus exécutés aux Etats-Unis. Cette semaine, il y a eu cinq exécutions dans 5 états différents. Le 998ème a été exécuté en Arkansas et le 999ème dans l’Ohio. Les Etats-Unis sont la dernière démocratie dans le monde qui exécute plus de 5 condamnés à mort chaque année. Au mépris, encore une fois, des droits de l’homme. Les Etats-Unis se rendent coupable de cruauté. La démocratie américaine est l’égal de régime autoritaire qui pratique ce même traitement, cruel et inhumain, envers ses prisonniers.
Aujourd’hui, 64% des américains sont pour la peine de mort. Ils étaient 80% en 1994. Cet effritement est dû en grande partie à des erreurs judiciaires. Des innocents ont été exécutés. Et quand le pays pratique la peine capitale, il est impossible, par la suite, de réparer les erreurs de la justice. Cependant, le recours à la peine capitale est en baisse depuis plusieurs années. En effet, le nombre de condamnations à mort a chuté de 50% depuis la fin des années 90 (150 par an), et le nombre d’exécutions a baissé de 40% depuis 1999 (98 ont eu lieu cette année-là). Sur les 33 Etats qui appliquent encore la peine capitale, trois (Texas, Oklahoma et Virginie) sont à eux seuls responsable de la grande majorité des exécutions. Cette forte majorité pour l’application de la peine capitale constitue un paradoxe. En effet, les américains sont très puritains. Il y a dans ce pays une forte majorité de protestants pratiquants. Et dans la bible, il est dit « tu ne tueras point ton prochain » et pourtant les américains continuent à exécuter leurs concitoyens. C’est le paradoxe de ce pays.
Forts des 64% de soutien, les républicains, au congrès, tentent de faire passer des lois qui limiteraient la possibilité d’appel et accéléreraient les exécutions. En effet, le délai après condamnation est supérieur à dix ans. Ce qui a permis à nombre de détenus de bénéficier des dernières technologies, comme les tests ADN, pour prouver leur innocence. Ou à d’autres, de prouver qu’ils avaient changé en prison. C’est le cas de Stanley Williams, le fondateur du gang le plus violent de Los Angeles, condamné en 1981 pour le meurtre de quatre personnes. Il a reconnu être le fondateur des Crips mais a toujours clamé son innocence à propos de ces crimes. Vingt-quatre ans après, il est devenu un activiste antigang, il écrit des livres pour enfants et a fait l’objet de plusieurs nominations au prix Nobel de la paix. Stanley Williams consacre sa vie de prisonnier à convaincre les jeunes de rester dans le droit chemin. En 2005, il a reçu un prix d’un comité présidentiel américain qui récompense des citoyens qui se sont distingués par leur action civique. Malgré cela, le 11 octobre 2005, la cour suprême des Etats-Unis a rejeté son dernier appel et a programmé son exécution le 13 décembre 2005. Le gouverneur de Californie, Arnold Schwarzenegger, a refusé d'accorder sa clémence à Stanley Williams.
Les lois que veulent faire passer les Républicains ont pour objectif d’accélérer le processus. Ainsi tout innocent sera condamné en ayant peu de chance de prouver son innocence. Ce sera une justice expéditive à l’image de celle pratiquer en Chine. A quand les Etats-Unis vont-ils cesser de pratiquer cette barbarie ? La justice doit être rendue pour pacifier les relations sociales et les mœurs civiles et non pour engendrer la violence. La peine de mort est un acte de vengeance qui n’est pas digne de la première puissance mondiale.
Si vous souhaitez avoir plus d’informations sur Stanley « Tookie » Williams ou si vous désirez soutenir une association se battant pour l’abolition de la peine de mort, alors clquer sur un les liens ci-dessous.
- Association se battant pour l'abolition de la peine de mort
- Article de presse écrit par Amnesty International au sujet de Stanley Williams
Stanley Williams a été exécuté mardi 13 décembre à la prison de San Quentin à 00H35 (heure locale) soit 8H35 (heure GMT).
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